10 février 2009
Gluon ne comprend pas
pourquoi la fille la plus belle du monde refuse de répondre à mes messages !
Il a du lui arriver quelque chose oO
Je vais de ce pas lui écrire une lettre :
Salut ma belle (tu noteras l'effronterie de l'auteur, son désir de possession et la familiarité éhontée de cette apostrophe un tantinet vulgaire ! L'auteur en rejette toute responsabilité, le temps passé à me morfondre sans nouvelle de toi est seul coupable ! Mais si je mérite ton courroux alors oui fouettes moi garce et traînes moi dans la boue, transformes moi en chien jaune et laisses moi te lécher les pieds, émascules ma virilité ou fais moi sarkozyste, tout plutôt que subir le joug de ton indifférence [tu noteras peut-être en priorité que l'auteur a l’air complètement frappé oO et là pour le coup il sait pas qui accuser d'autre que lui-même … serait-ce un complot ?]),
Voyant que tu ne répondais pas à mes petits messages et, pire silence encore, lourd de chappe et de plomb, que tu ne me disais même pas merci pour la carte envoyée de Prague (qui bien que d'une piètre romance et d'écriture médiocre, voire carrément malhabile et baveuse, je l’avoue, a le mérite d'avoir été envoyée ! Et ça c’était pas gagné ! Tu ne te rends pas compte des dangers que j'ai dus affronter, des déboires subis, des pots-de-vin versés et de la douleur qu'a entraîné la perte de ma virginité, de toutes ces épreuves qu’il a fallu passer pour réussir cet exploit.
Ah les postiers tchèques ne sont pas des enfants de choeur ! Il paraît que dès l’age de 7 ans on les envoie en stage dans les geôles turques. Seuls les plus endurants et les plus vicieux d’entre eux survivent jusqu’au grade de postier !
Saurais-je décrire l’horreur des timbres carnivores ! Aux dents acérées qui telles celle du requin d’Amazonie repoussent sous ta peau en milliers de bébés dents qui te dévorent de l’intérieur !
Qui peut se vanter d’être sorti indemne d’un affrontement avec les boites aux lettres psychopathes de Prague ? Oh la douleur n’est pas physique non, c’est à ton esprit qu’elles s’attaquent lorsqu’elles t’entraînent en ricanant sur la voie glabre de l’oubli, et se délectent de ton errance dans les rues sombres de l’angoisse et les impasses de la folie, léchant sirènement les frissons glacés de ton corps et hurlant dans tes veines le chant noir de la mort, et quand leurs crissements d’horreur te font vomir des hérissons par les yeux c’est la chute ignominable dans les caniveaux sanglant de la souffrance et la gueule de Scylla qui te dévore de mille feux l’espoir de vivre et les entrailles. Oh oui le cauchemar est bien réel qui t’emporte dans la fureur démente de cette ville kafkaienne destinée à ta perte !
A moitié mort, aux trois quart fou, bavant le prochain danger, j’affrontais alors la mocheté des cartes postales, leur teint fade et flétri, l’odeur mortifère de leurs couleurs en décomposition, curare puissant, violente mandragore, elles m’assaillir en bandant leurs sépales de mort, mais déjà ternies par l’oubli des hommes et le déclin de l’art au profit de la touristisation elles avaient perdu de leur force: je me bandais les yeux et survis à leur venin vicié.
Ne restait à la liste des épreuves que le taux d'alcoolémie élevé de l'auteur. C’est bien lui qui failli me faire rater l’envoi et décider de ma perte, mon pire ennemi est toujours à l’intérieur de moi-même. Le temps s’était enfui de la ville, anéanti, chassé par la meute des dangers environnants, et ayant moi-même passer la majeure partie de mon séjour à tenter de survivre à leurs assauts redoutables, il ne me restait plus beaucoup d’heures avant mon départ … c’est pourquoi cette méchante gueule de bois me posait un sacré problème. Aussi, n’écoutant que mon courage à deux mains et buvant mes cafés de l’autre, je décidais de faire fi de tout orgueil, j’oubliais qui j’étais, me mis à nu, et ne cherchais surtout pas à savoir ce que je pouvais bien lui écrire …
Mais j’écrivis !
Collais un timbre (aïe … salopiaud …) !
Trouvais une boite aux lettres !
Me faisais sauvagement abuser par un postier !
Et sa matraque !
Mais accomplis mon devoir !!!
Ensuite, libéré du poids des responsabilités, je crois que j’ai bu une bière parce que quand même faut pas déconner non plus …), et comme il est impensable que tu puisses en avoir rien à foutre de l’éphèbe majestueux et sensuel comme un tigre du Bengal, intellectuellement bâti comme une bibliothèque à glaces, en bref du demi-dieu de l’Olympe, que je pense, donc que je suis, je me dis qu’il a du t’arriver quelque chose !!
Si jamais tu as été séquestré par tout type de dangereux psychopathes, défoncés au crack, adeptes de torture chinoise, maîtres en arts martiaux, armés jusqu’aux dents ... peu m’importe, quels que soient les périls à affronter je viendrais te délivrer, la fleur aux lèvres et le sourire autour.
Mais attention ! Si ces séquestreurs s’avèrent être des boites aux lettres tchèques, alors je pense que j’y réfléchirais à deux fois … Et si, après double réflexion, je me rendais compte que tu avais vraiment besoin de mon aide et que je décide de me suicider une fois de plus n’est pas coutume, alors, sois en sure, pour récompenser ma mort il faudra me laisser t’appeler ma belle …
09 février 2009
Attention danger
Si vous n'avez aucune expérience avec les aimants néodymes, achetez d'abord un plus petit modèle.
Vous voila prevenu ;-)
Ne laissons pas les chacals - deuxieme
Si l’odorat régit nos émotions, que ressent un asthmatique avec une sinusite chronique ? A part une grosse envie d’aller prendre l’air ailleurs s’il y est, plutôt que chromé au fond de la cour…
Si je retrouve mon odorat retrouverais-je par là même le chemin onirique qui mène aux jungles luxuriantes, aux temples nimbés de brume et aux jeunes filles en fleur ?
Redonnerais-je de la couleur à mes rêves ? La saveur du pigment et la chaleur des émotions ?
Y en a marre de ces chacals psychopathes et de ces hordes de crocodiles cachés sous mon lit, déguisés en pantoufles pour me chatouiller les pieds !
Je ne crains pas les chatouilles !
Je suis l’insensible alizé, le vent de l’oubli, l’agare hagard aux nerfs viciés, je suis l’accord de mol en laminaires gladiolées, la corde flasque dans la flasque éventée, portant mon cœur à mon oreille je n’entends plus le bruit de la mère, âme morte, automne amère, les feuilles se sont écharpé par les fenêtres en volant mes sentiments.
Je ne veux pas être un hippopotame allergique à la magie !! Je veux jouir en philarmonie avec le reste de mon monde, redessiner l’imaginaire, chevaucher le surnaturel au galop dans l’ombre de la lune, je veux ma dose de rêve et la puissance d’éther, retrouver le cri de l’aube et la force de la nuit, me coucher nu dans la terre nourricière pour renaitre dans les étoiles, et retrouver les odeurs de leur premier éclat.
Bain de sauge et brin de songes, purifiez mon corps de ces miasmes de moisons, chantons le chant du peyotl et laissons l’esprit-totem m’emporter sur le fleuve de la guérison.
Si je ne suis pas de retour dans 3 jours ... envoyez les secours.
06 février 2009
Du danger des voyages, des pertes organiques, et des maximes modernes
Il y a quelques temps de ca, à une époque ou je n'avais rien à dire mais parlais beaucoup, j'avais écrit :
"Partir, aller voir ailleurs si j'y suis, m'enfuir,
Loin de ce quotidien lassant, coulant inexorablement sur ma gorge consentante.
Si partir c'est mourir un peu, rester c'est ne pas vivre du tout"
Je ne suis pas sur d'avoir à l'époque saisi la puissance de ce mantra, m'étant surement arrêté sur l'ironique et délectable dernière phrase.
Or, bien qu'elle décrive toute l'horrible réalité d'un monde à l'agonie, le mien, je constate à l'instant que le message est bien plus profond que cela.
Tout est dans le "aller voir ailleurs si j'y suis". Car justement je crois bien que c’est ailleurs que je suis !
Mais parlons plutôt des voyages.
Les voyages forment la jeunesse nous dit-t-on.
Si le but de la formation réside dans l'apprentissage d'autres cultures et la constatation que la société occidentale moderne n'est pas faite pour moi, alors j'ai été bien formé.
Mais je me dois de préciser que la formation ne s'est pas faite sur la base du développement positif mais plutôt sur un principe de diminution.
Un peu comme les "Trous en formation" que l'on voyait apparaitre le long des routes de nos campagnes lorsque nous étions enfants, ainsi c'est formée ma jeunesse.
Car chaque apprentissage a un coût.
Et j'ai payé le mien en nature.
Don de mon corps.
Ce fut d'abord mon estomac, que j'abandonnais au Canada, il s'est bien battu mais les poutines et le gras frit étaient bien entrainés.
Puis je perdis mon cerveau au Mexique, au pied d'un arbre, à gauche après les ruines de Palenque, sous le toucan exactement. Un jour faudra que j'aille voir s'il y est toujours, je pourrais peut-être le revendre sur e-bay ...
Je laissais mon coeur au Japon, dévoré par la tourmente d'une histoire impossible - mais est-ce que les belles histoires ne sont pas toutes impossibles et que le travail d'un couple ne consiste justement pas à effacer sur le papier les rêves de l'un et les espoirs de l'autre pour la rendre plus lisible, format de poche, édulcoré, aseptisé au karsher de la société éditoriale ? Lancez 2 dés, reculez de 3 cases, ne touchez pas 20000 ...
La dernière personne à l'avoir vu était un pêcheur d'Hokkaido qui rentrait de sa nuit. Il décrit l'apparition comme "une méduse brillant sous les étoiles" ... une méduse ... oui sans doute est-ce à ca qu'il devait ressembler ...
J’ai perdu mon palais en Thailande, brulé vif sous le feu des épices il renaquit de ses cendres mais trouve la nourriture occidentale totalement insipide.
Mon foie décéda en Russie. Ce fut une mort rapide et douloureuse. Une belle hépatombe.
Mais je crois que c'est la France qui me fit la pire excision. Oui, je le dis sans mentir, c'est en mon pays que la perte fut la plus lourde, car c'est ici que j'ai perdu mon âme.
Alors andiamo companeros, car si partir c'est mourir un peu, rester c'est ne pas vivre du tout ...