Le gluon de la poule

De la poule ou de l'oeuf, le premier fut bien entendu le gluon. Il se reveilla un jour de Paques et sa premiere pensee fut : "cot ?"

06 février 2009

Du danger des voyages, des pertes organiques, et des maximes modernes

Il y a quelques temps de ca, à une époque ou je n'avais rien à dire mais parlais beaucoup, j'avais écrit :
"Partir, aller voir ailleurs si j'y suis, m'enfuir,
Loin de ce quotidien lassant, coulant inexorablement sur ma gorge consentante.
Si partir c'est mourir un peu, rester c'est ne pas vivre du tout"

Je ne suis pas sur d'avoir à l'époque saisi la puissance de ce mantra, m'étant surement arrêté sur l'ironique et délectable dernière phrase.
Or, bien qu'elle décrive toute l'horrible réalité d'un monde à l'agonie, le mien, je constate à l'instant que le message est bien plus profond que cela.
Tout est dans le "aller voir ailleurs si j'y suis". Car justement je crois bien que c’est ailleurs que je suis !

Mais parlons plutôt des voyages.
Les voyages forment la jeunesse nous dit-t-on.
Si le but de la formation réside dans l'apprentissage d'autres cultures et la constatation que la société occidentale moderne n'est pas faite pour moi, alors j'ai été bien formé.
Mais je me dois de préciser que la formation ne s'est pas faite sur la base du développement positif mais plutôt sur un principe de diminution.
Un peu comme les "Trous en formation" que l'on voyait apparaitre le long des routes de nos campagnes lorsque nous étions enfants, ainsi c'est formée ma jeunesse.
Car chaque apprentissage a un coût.
Et j'ai payé le mien en nature.
Don de mon corps.

Ce fut d'abord mon estomac, que j'abandonnais au Canada, il s'est bien battu mais les poutines et le gras frit étaient bien entrainés.
Puis je perdis mon cerveau au Mexique, au pied d'un arbre, à gauche après les ruines de Palenque, sous le toucan exactement. Un jour faudra que j'aille voir s'il y est toujours, je pourrais peut-être le revendre sur e-bay ...
Je laissais mon coeur au Japon, dévoré par la tourmente d'une histoire impossible - mais est-ce que les belles histoires ne sont pas toutes impossibles et que le travail d'un couple ne consiste justement pas à effacer sur le papier les rêves de l'un et les espoirs de l'autre pour la rendre plus lisible, format de poche, édulcoré, aseptisé au karsher de la société éditoriale ? Lancez 2 dés, reculez de 3 cases, ne touchez pas 20000 ...
La dernière personne à l'avoir vu était un pêcheur d'Hokkaido qui rentrait de sa nuit. Il décrit l'apparition comme "une méduse brillant sous les étoiles" ... une méduse ... oui sans doute est-ce à ca qu'il devait ressembler ...
J’ai perdu mon palais en Thailande, brulé vif sous le feu des épices il renaquit de ses cendres mais trouve la nourriture occidentale totalement insipide.
Mon foie décéda en Russie. Ce fut une mort rapide et douloureuse. Une belle hépatombe.
Mais je crois que c'est la France qui me fit la pire excision. Oui, je le dis sans mentir, c'est en mon pays que la perte fut la plus lourde, car c'est ici que j'ai perdu mon âme.

Alors andiamo companeros, car si partir c'est mourir un peu, rester c'est ne pas vivre du tout ...

Posté par legluondelapoule à 15:04 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je me demande ce que tu aurais perdu en Grèce...

Posté par Largentula, 06 février 2009 à 23:29

L'envie de boire de la metaxa !!!
A jamais ....

Posté par Legluondelapoule, 09 février 2009 à 17:41

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